Evidemment, avec une quick 410, la tâche s’annonçait quelque peu ardue, et n’ayant aucune expérience sur ce type d’éco-système, nous partions presque à l’aveugle. De plus le format de ce circuit est différent du modèle AFCPL, ici c’est pesé et quota 3 poissons, il faut donc rechercher les lunkers, ce qui influence forcement la préparation matériel…

 

J’ai pêché une fois ce lac en novembre avec un guide renommé, M. DUBREUIL himself, du coup je savais à peu près où nous allions pouvoir lancer nos leurres (zones shallows abritées des vagues), et surtout où nous le pourrions pas (épaves et hot spot à sandres)… Notre zone était donc toute définie, l’anse de piqueyrot, connue pour fournir régulièrement des gros brochets.

La stratégie était aussi clairement établie, recherche de broc au spinner, shad, cranks, jerks voir topwater…Les cannes, MH, H, XH et une spinning M pour se donner bonne conscience ! Toute cette stratégie est bien bonne, mais pour prendre place au départ du dimanche matin, il a fallut affronter la soirée du samedi soir…Que dire, nous avons regardé l’ennemi (l’alcool ?!) droit dans les yeux, et nous l’avons affronté…

Nous avons participé à ce super moment de rigolade, d’échanges conviviaux, le tout arrosé de divers breuvages… (Découverte du cognac swcheppes…) Parmi les chants du spinner landais et les blagues des compétiteurs charentais (dont le fameux pied d’silure) l’organisation nous indique que nous avons la possibilité de mettre à l’eau à l’école de voile de piqueyrot, car les prévisions annonce pas mal de vent dans l’après midi, ce qui rendrait la traversé retour assez dangereuse. La soirée touchant à sa fin, nous prenons directement la direction de l’école de voile pour y dormir et être frais (ou pas) et dispo aux aurores. Le lendemain, réveil compliqué, et déjà on s’avance pour mettre à l’eau, le briefing est censé être fait à 7h30 par david.

Les bateaux commencent à arriver sur le point de départ des petites embarcations. Les plus de 20 cv doivent décoller du port d’hourtin. Cette manche est un peu spéciale car une équipe de tournage est présente sur les lieux afin de filmer l’ensemble de la compétition, ce qui engendre quelques retards à l’allumage. Le départ est donné à 8h45 au lieu des 8h annoncés, mais c’est pour la bonne cause.

Les presque 10 cv de mon moteur hurle et nous voila lancé dans un run d’anthologie en direction de l’anse, nous franchissons les bouées en 2eme position que déjà les gros arrivent comme des balles, IMPRESSIONNANT.

Rapidement on se dirige sur une zone qui nous semble propice, quelques bateaux au mouillage, des herbiers et surtout 2 pêcheurs au coup à proximité, un cocktail qui peut être sympa. L’eau est à 21°, j’attaque au trairao histoire de faire monter un pike ou une grosse perche, pendant que nico ratisse au shad weightless palette.

Au bout de quelques minutes, il m’annonce « poisson », je jette un coup d’œil à sa canne, et c’est du sérieux, je saisis l’épuisette, mais hélas le broc se décroche. Désillusion et coup au moral, mais au moins il y a du poisson, et on se remotive. Mon topwater ne fait monter que du petit, je passe donc en mode shad, swing fat 5.8, et je peigne mètre par mètre les herbiers devant moi. Je prends quelques timides tape mais rien de sérieux, autour de nous, l’activité n’est pas énorme. En persistant, Nico prend enfin une touche sérieuse avec un spinner deps b custom, ferrage, et après un combat énergique, un broc maillé arrive au vivier.

Le moral remonte et on passe en mode full spinner. Hélas il n’y a plus que des saucisses pour lacérer nos trailers. Il est temps de faire peser notre fish. Le commissaire nous annonce 1.640 kg, on retourne donc sur notre zone dans l’espoir de faire monter les frangins.

Pendant ce temps, l’équipe du spinner landais, composé de Cedric Faure et de Christophe Laporte, qui pêche sur notre gauche sort un pike de plus de 90cm de l’herbier, ils ne prennent pas de risque et partent de suite à la pesée. A leur retour, ils nous annoncent 4.4kg et reprennent leur prospection…10 min plus tard, un autre 90 est mis à sec, et le manège recommence, direction la pesé. Ils termineront leur quota 45 min plus tard en prenant un broc de 53cm, leur permettant d’atteindre le poids considérable de 10kg et une victoire quasi assurée (ils se permirent même de rentrer au port à 12h30 pour manger au resto et plier le matos… Bravo à eux) Pour nous pendant ce temps ce n’est pas glorieux, il se prend un peu de poisson, mais nous n’avons droit qu’à des pin’s. Nico me répète régulièrement que c’est à mon tour de faire un fish, quand je vois un broc accompagné mon crystal S et mordillant le trailer, je coupe ma récupération et je vois l’agresseur sonder derrière en ressentant un mou dans ma bannière.

Double ferrage et rapide combat, notre deuxième maillé est au vivier. Direction la pesée et la balance annonce un peu moins du kilo cinq. Si on veut bien figurer, il va falloir monter en taille !!! On explore une autre zone, mais la présence de plusieurs pointures sur place nous fait penser qu’il vaut mieux retourner à notre spot. Hélas nous ne reverront aucun maillé jusqu’à la fin, frustrant.

La montre annonce bientôt 15h, fin du concours, il est donc temps de rebrousser chemin et d’affronter les vagues qui déferlent à l’entrée du chenal. C’est donc avec une légère appréhension que je présente la quick face aux éléments, et déjà l’eau envahit le pont et des paquets de flotte nous rince à chaque assaut. J’y vais molo sur la poignée de gaz et tente de présenter l’étrave aux vagues, Nico décolle du pont, l’hélice tourne régulièrement hors de l’eau, et moi je suis pressé de rejoindre une zone plus confortable…Après une dizaine de minutes de lutte, nous rejoignons enfin notre mise à l’eau et sommes surtout soulagés que cela ce soit bien terminé. Un autre équipage à un moins de chance que nous, leur quick s’est remplie d’eau et ils se sont fait éjecter sur un banc de sable, sans gravité heureusement à part un peu de matos en moins et surtout une grosse frayeur. On souffle un peu en enfilant des vêtements secs puis nous prenons la route vers Hourtin pour assister au cérémonial de la remise des prix. A notre arrivée, la plupart des résultats ont été donnés et Cédric et Christophe trônent sur le podium.

Nous apprenons après correction d’un oubli que nous sommes 14ème avec un score d’un peu plus de 3 kg, devant quelques pointures, ce qui nous donne chaud au cœur. Il s’est fait 97 kilos de poissons, pas mal pour une journée avec 35 bateaux. Rincés, on reprend la route direction les landes, avec le fameux sentiment mitigé de joie et de déception propre à chaque compétiteur qui ne termine pas sur la plus haute marche, mais tout de même contents d’avoir passé une bonne journée d’apprentissage de la compétition.

Nous ne tirons aucun enseignement particulier de cette manche, mais je me suis sentis mieux sur ce type de pêche « go big or go home » plutôt que dans la recherche de petits poissons. Nous avons pêchés à 50 % au spinner, 25 % au shad (weightless, linéaire, palette…) et 25% divers (crank, vibration et jerk). Vivement la prochaine manche !!!